A BLOC

Interview avec Jacky Godoffe

Après plus de 20 d’escalade au plus haut niveau, le maître de la forêt de Fontainebleau paraît toujours aussi actif. Jacky Godoffe nous donne son avis sur la situation actuelle de la pratique du bloc.

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Arête de Boissy, 7c+, Boissy aux CaillesPhoto: Col. GodoffeArête de Boissy, 7c+, Boissy aux CaillesPhoto: Col. Godoffe

Jacky, raconte-moi tes premiers amours avec le grès bleausard
J’ai vingt ans, un copain m’amène grimper alors que j’ai toujours habité à Fontainebleau, je n’avais jamais remarqué qu’on grimpait sur cesrochers.. C’est le coup de foudre, pas d’autre explication je pense. Aussi inexplicable qu’un amour. Au début c’est dur, je n’y arrive pas vraimentalors que j’ai la puissance de dix ans de gymnastique. Les passages résistent à la force. Il faut autre chose en plus la plupart du temps. C’estpeut être un peu ca qui est excitant. Et paradoxalement je fais mes premiers 7a avant beaucoup de passages de 6 et je comprends qu’il n’est pasobligatoire de passer par des étapes intermédiaires. Je sens une énergie qui peut se manifester dans un style que je sais déjà adorer : lessurplombs.

Quels étaient les grimpeurs les plus actifs a cette époque?
Jo Montachaussé, Alain Michaud, Jérome Jean Charles étaient les forts grimpeurs de l’époque. Il y en avait très peu en fait et beaucoupgrimpaient juste pour faire des gammes, s’entraîner pour la montagne. Le bloc n’était pas vraiment une activité reconnue. Juste une formed’entraînement.

D’après toi, qu’est-ce qui a le plus changé a Bleau ces 15 dernières années?
La reconnaissance de l’activité comme aussi majeure que l’escalade en falaise et même l’alpinisme. Le monde aussi qui pratique. Avant grimper enbloc, ça faisait rire un peu. Aujourd’hui, si tu ne fais pas de bloc, tu n’es pas «in». Je crois que le bloc a atteint aujourd’hui unematurité dans la mesure où le nombre de grimpeurs forts a augmenté avec la même idée de respecter le rocher et de trouver des problèmes naturels.Ce sont les seuls qui pourront un jour permettre de repousser les limites.

On te connait surtout pour tes réalisations a Bleau, par contre tu as aussi fait des voies dures et pas mal de compétitions; qu’est-ce qui temotivait dans les compétes?

Je crois que c’était une recherche personnelle. Etre présent un jour et une heure que tu n’as pas choisie est très excitant. Tu apprends aussil’humilité devant le bon ou le mauvais résultat. Et puis surtout la communion avec un public. L’escalade est une activité très personnelle. Encompétition tu as un échange avec les gens. Tu peux leur apporter autant qu’ils t’apportent. Ca aussi c’est très riche. Enfin tu dois sans arrêtt’adapter. C’est une source de progrès.

LL’ insoutenable légèreté de l’Être, 8a+, IsatisPhoto: Col. Godoffe

Beaucoup de gens affirment que le futur de l’escalade passe par la compétition. Qu’est-ce que tu en penses?
Je crois que l’escalade est riche parce qu’elle offre beaucoup de directions possibles. Son futur est dans cette extrême richesse. Tu peux faire dubloc ou de la falaise pour trouver des lignes de plus en )plus dures; Tu peux faire de la compétition, tu peux aussi grimper simplement pour ton,plaisir. Très peu d’activités offrent cette richesse de choix.

Ton avis sur les compétitions de bloc?
Pas assez claires aujourd’hui. Je travaille beaucoup à la fédération à trouver de nouvelles formules plus simples à lire, plus vivantes àsuivre pour les spectateurs. Nous en avons déjà une pour notre championnat de France et nous préparons un master avec une autre solution. Je croisqu’il faut absolument trouver autre chose sinon, la compete de bloc va mourir doucement et rester simplement une animation sympa. Elle méritebeaucoup mieux

Quels changements apporterais-tu au système de la compète de bloc?
La clarté dans le classement. Une idée est de proposer dans une finale avec seulement 8 grimpeurs et 8 blocs et un grimpeur sort à chaque fois.A la fin il ne reste que les deux meilleurs dans le dernier bloc. Le vainqueur est celui qui fait la meilleure performance dans ce bloc. Ce n’estqu’une idée mais je suis persuadé qu’il faut arrêter le système de circuits au moins pour les finales où personne ne comprend qui gagne et mêmepas les grimpeurs eux mêmes.
Les idées principales pour moi sont 1heure et demie maximum de competition pour les finales, aucun changement pendant la compétition et le vainqueurclairement.

Quelles son, a ton avis, les causes du succés de la pratique du bloc ces dernières années?
C’est très speed, il ne faut pas de matériel, c’est sympa et convivial et surtout c’est plus facile à s’entraîner pour être fort en bloc qu’enconti.

Peut-on parler de mode?
Sans parler de mode, c’est surtout un énorem plaisir que plein de gens ont envie de connaître. Il y a les voyages, des sites magnifiques. Maisje crois que ca ne va pas continuer de se développer autant que les cinq dernières années. En fait surtout parce que les sites de blocs majeurs nesont pas très nombreux au monde. Tu peux faire du bloc dans ton coin mais il faut un potentiel énorme pour que les grimpeurs y retournent. Et puistu progresses très vite mais jusqu’à un certain point. Ensuite, c’est aussi difficile que les autres activités. Le bloc donne parfois l’impressiond’être plus facile, ce n’est pas vrai.
La dernière choses est que je bloc a connu des personnages forts et médiatiques. Le fait que de plus en plus de grimpeurs sont forts va diminuer leschances de trouver un leader charismatique.

Celà ne pose-t-il pas un problème de surfréquentation, surtout a Bleau?
C’est sûr qu’il y a de plus en plus de monde, mais il y a sans arrêt de nouveaux sites qui sont trouvés. Le respect est de plus en plus importantgrâce aux sites internet et aux chroniques des revues. Je crois que le vrai problème n’est pas dans la surfréquentation mais dans l’attitude dechacun face au rocher.

Quel regard pose le bleausard sur l’invasion (de bleau) de grimpeurs étrangers durant les périodes de vacances?
C’est sympa, parfois il y a trop de monde dans des sites, mais dans ce cas je peux aller ailleurs. Je suis heureux que notre terrain de jeu permettentà plein de grimpeurs d’en rêver et de se faire plaisir. Il ne faut pas être égoiste ; le plaisir doit se partager.

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