UN PEU DE FINESSE:

Interview avec Liv Sansoz

Elle a tout gagné et pourtant, on ne connaît que très peu de choses sur cette jeune grimpeuse française. Après plus de sept années de compétitions elle a décidé de prendre un peu de recul pour se consacrer d’avantage a la falaise; et bien lui a pris puisqu’elle vient de réaliser Hasta la Vista, un 8c/c+…

Autor: | No hay comentarios | Compartir:

Liv, tu as 23 ans et on a l’impression que tu grimpes depuis toujours, ¿quand as-tu réellement commencé?
Cela fait maintenant 9 ans que j’ai commencé a grimper, mais ce ne fut qu’en 1993 que j’ai commencé réellement a m’entrainer sérieusement.

1993 est l’année oú tu as débuté en équipe de France.
Oui j’ai commencé la competition très tôt. A l’âge de 16 ans j’ai fait un stage de perfectionnement avec l’equipe de France et j’ai directement senti les progrès, ça m’a motivée et j’ai tout de suite participé aux competitions internationales.

Est-tu aussi motivée pour travailler une voie en falaise que
pour participer a une competition?
En fait jusqu’a présent je ne m’étais pas trop investie en falaise et c’est vrai que j’avais encore peur de voler dans les voies ce qui fait que je ne me suis jamais sentie a l’aise en falaise. Quand tu grimpes crispée tu as dur a prendre du plaisir en escalade. Par contre, durant mon voyage aux States je n’ai pas vraiment eu peur en grimpant, et du coup j’ai enfin pu grimper librement, j’espére que ça sera toujours comme ça! Il faut dire qu’en competition il y a des spéctateurs, des primes, des sponsors tandis qu’en falaise tu grimpes plus pour toi et peut-être qu’avant j’avais plus de mal a faire ça. Maintenant je pense que c’est un bon défi de se dire «est-ce que je suis capable de faire cette voie?, j’ai envie d’essayer». Ceci m’a beaucoup plu, ça m’a motivée, et j’ai vraiment envie de renouveler l’expérience.

Tu viens d’enchainer «Hasta la vista», ¿8c ou 8c+?
En fait il y avait un premier relais dans la voie, qui s’appellait «Hasta mañana» et qui cotait déjà 8c. Aprés la voie a été rallongée de quelques mouvements et tout le monde était d’accord pour dire que la voie serait plus dure, 8c ou 8c+, je ne sais pas vraiment.

Avec cet enchaînement, tu es la deuxième femme, après Josune Berziartu, a avoir enchaîné un 8c/+, ¿penses-tu qu’on verra un jour une femme réaliser une voie aussi dure que celles des hommes?
Oui je pense qu’on peut faire des voies plus dures. Avant d’enchaîner Hasta la vista je n’avais fait que des voies en 8b, des voies que j’ai réussi très vite, en tois ou quatre essais. Pour Hasta la vista je n’avais pas réalisé un gros volume d’entraînement et j’ai quand même enchaîné. Je suis convaicue que si tu trouves la voie qui te convient a 100% et s’il n’ya pas de problèmes de morphologie, tu peux, pourquoi pas, réaliser des voies aussi dures que celles des hommes, même si les voies courtes seront toujours plus difficiles pour les femmes.


 

C’était ton objectif de faire un 8c ou bien c’est par hasard que tu as essayé Hasta la vista?
Je suis partie aux States avec François Legrand; il avait déjà un projet en tête et je lui ai dit que moi aussi je voulais essayer un projet. Il m’a dit qu’il n’y avait pas de problème, qu’il connaissait une voie qui pourrais m’aller. J’ai essayé et j’ai tout de suite vu que je pouvais la faire.

T’as beaucoup essayé la voie?
Au cours des 11 premières journées de mon séjour, j’ai dû essayer la voie 5 jours a raison de 2 essais par jour. Puis, après Salt Lake City, j’ai tapé entre 8 et 10 essais avant de réussir la voie.

Viendras-tu essayer les voies dures espagnoles?
Oui, j’ai très envie d’aller a Rodellar, Montgrony et Cuenca. Josune m’avait proposé d’aller chez elle au Pays Basque, le problème c’est qu’entre les études et les compétitions, je n’ai pas beaucoup de temps pour autre chose. Mais j’ai très envie de venir en Espagne.

Comment fais-tu pour garder la motivation?
Disons qu’avant, l’entraînement était une source de motivation suffisante. Aujourd’hui par contre, je crois que je suis moins «carrée» dans mon entraînement, plus large. De toute façon, j’ai toujours du plaisir a participer a une compétition, surtout si elles sont de qualité, comme Arco ou Serre Chevalier. Pour le moment j’ai envie de continuer a faire de la compétition, pour moi c’est très motivant.

Raconte-moi une journée type d’entrainement.
Souvent je commence par faire un peu de bloc, 2 heures a peu près, sans compter lechauffement. Après j’aime bien faire de la conti. Si je me sens fatiguée de la scéance de bloc, je ne fais que 2 parcours de conti, généralement des parcours a ma limite, et si je ne me sens pas trop fatiguée je peux arriver a faire 4 ou 5 parcours en prenant de bons repos. Je ne travaille jamais des traversées de plus de 50 mouvements, c’est trop long et de toute façon, les voies de compète dépassent rarement 50 ou 60 déplacement de mains. Je préfère le pan que le mur, je pense que sur le pan on peux faire des choses plus difficiles et pour moi c’est plus agréable. Je préfère faire de la qualité que de la quantité, je ne suis pas de ceux qui aiment compter le nombre de mouvements effectués durant la scéance. Comme je te disais tout a l’heure, je suis moins carrée qu’auparavant; des fois je suis fatiguée parce que j’ai eu 8 heures de cours, et si je ne le sens pas, je préfère ne pas m’entraîner, si je prends pas du plaisir, l’entraînement ne sert a rien.

Tu fais aussi du bloc?
Je dois dire, qu’appart pour les compètes, je n’en ai pas beaucoup fait. En plus maintenant, j’ai un peu peur, vu que je me suis déjà cassé le talon en faisant du bloc et je n’ai pas trop envie de m’y remettre tout de suite. C’est dommage parce que j’ avais vraiment envie de faire un voyage a Hueco cette année, on verra.

Beaucoup de grimpeurs sont très forts en falaise mais pas en compétitions. Y-a t’il une recette miracle?
Malheureusement, il n’y a pas de recette miracle, je crois que c’est un problème psicologique. Ce qu’il ne faut surtout pas faire c’est de se mettre la pression. Evidemment ceci est plus facile a dire qu’a faire et je pense que cela s’apprend avec l’expérience, en faisant beaucoup de compétitions. Un autre facteur a tenir en compte est le fait que beaucoup de falaisistes s’entraînent en falaise justement et donc ne sont pas trop habitués a grimper sur un mur en plastique. La solution est de faire un maximum de compétitions.

Existe-t-il une bonne ambiance en France entre les filles?
En général oui, on peut dire qu’il a une bonne ambiance. Le problème c’est qu’on ne grimpe pas souvent ensemble. Il faut dire que ce n’est pas non plus très facile d’avoir de bons rapports avec les filles qui ont le même niveau que toi, on est en concurrence et il y a toujours un peu d’hypocrisie. Je prefère grimper avec des garçons même si c’est vrai que je m’entends bien avec des grimpeuses comme Nathalie Richer par exemple.

Tes qualités et défauts comme grimpeuse?
Mes défauts d’abbord. Souvent j’ai du mal a m’engager, a prendre une décision surtout si les mouvements sont dynamiques, c’est moins le cas maintenant mais je pense que c’est un désavantage. Sinon je crois que je suis assez nulle pour mémoriser les mouvements d’une voie, je n’aime pas me prendre la tête lors de la lecture d’une voie en compétition, j’ai l’impression que ça va me stresser. Parfois ça craint un peu mais je préfère le faire comme ça. Pour les qualités, je saurais pas bien te dire, je pense que je suis assez determinée, quand je veux quelque chose j’y vais a fond, je suis très combative, je n’abandonne pas facilement. J’ai aussi pas mal de conti.

Comment vois-tu l’avenir des compétitions?
C’est difficile a dire. L’escalade de compétition est un petit milieu qui n’intéresse que très peu les médias et les primes ne sont pas terribles. J’entends dire qu’organiser une compétition est assez coûteux, mais quand je vois ce que coûte organiser des épreuves dans d’autres sports, je me pose des questions. Je pense que les compètes vont continuer tant qu’on est là, du moins je l’espère.

Est-il possible de vivre de l’escalade sans participer aux
compétitions?

Je pense que oui, de plus en plus. Les sponsors ne sont plus aussi obsédés par les résultats en compétition et ils commencet tout doucement a s’intésser aux perfs réalisées en falaise.

Pourquoi n’as-tu pas participé aux derniers championnats d’Europe?
Disons que ça faisait longtemps que j’avais décidé de ne pas faire les championnats d’Europe cette année, je n’étais pas très motivée et pour le mois de septembre, j’avais déjà un calendrier très chargé au niveau competitions, donc j’ai préféré ne pas y aller. Finalement c’est chouette de voir une competition de l’extérieur.

Quelles sont tes falaises préférées?
J’aime beaucoup les Gorges du Tarn, c’est très beau, il y a plein de voies intéresantes, et les secteurs se touvent au pied du mont Ventoux, tout un spectacle! Sinon, je ne peux pas dire que j’ai une falaise préférée; ça marche par périodes, quand tu découvres une nouvelle falaise tu as tendance a ne grimper que là, puis t’en découvre une autre et tu changes d’avis, etc. C’est difficile a dire quelle est ta falaise préféree, je préfère voyager et découvrir des nouveaux spots.


 
Lecturas relacionadas

Ayudarnos a difundir la cultura de la montaña

En Desnivel.com te ofrecemos gratuitamente la mejor información del mundo de la montaña. Puedes ayudarnos a difundir la cultura de la montaña comprando tus libros y guías en Libreriadesnivel.com y en nuestra Librería en el centro de Madrid, o bien suscribiéndote a nuestras revistas.

¡Suscríbete gratis al boletín Desnivel al día!

Estamos más ocupados que nunca y hay demasiada información, lo sabemos. Déjanos ayudarte. Te enviaremos todas las mañanas un e-mail con las historias y artículos más interesantes de montaña, escalada y cultura montañera.